KAL – Une première résidence

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KAL
Création 2019

Texte et mise en scène: Paul Francesconi.
Avec: Elsa Dupuy,  Martin Jaspar et Chloé Lavaud.
Lumière et scénographie: Ladislas Rouge.
Création costume: Céline Delhalle et Séverine Prével.
Paroles et musique: Claude Francesconi

Texte édité chez Lansman et accompagné par le Collectif  A mots découverts

Production: Compagnie Soleil Glacé, avec le soutien du Théâtre de la Ferme Godier-Compagnie Issue de Secours, le Conseil Départemental Théâtre de l’Union-CDN du Limousin, les Bambous – Scène conventionnée de Saint Benoit.

Répétition ouverte au public le Vendredi 22 Décembre 2017 à 14 heures au Théâtre de la Ferme Godier. Entrée libre.

Les premières pierres de notre création 2019 se posent enfin. Kal verra le jour pour la saison 2019/2020, grâce à une belle équipe et un soutien précieux.

Une première résidence nous pousse à nous poser mille questions. Quelles premières pierres poser? Quelles codes utiliser? Quel est le théâtre que nous voulons voir apparaître? Quelle est notre place les uns par rapport aux autres? Et surtout, qu’est-ce que nous voulons dire?

Car la quête du sens se renouvèle sans cesse. Au moment où on croit l’atteindre, elle se transforme. Kal est alors avant tout un spectacle sur la nécessité de trouver un repère dans l’autre, dans l’espoir que nous pouvons trouver en lui pour être et avancer. C’est une parabole sur l’amour, son âpreté mais aussi sa nécessité vitale. C’est aussi l’histoire d’un homme qui a perdu ses mains et ses pieds, d’une femme qui a perdu sa voix.

Comment peuvent-ils s’aimer alors qu’ils se désirent?

Ram, le héro de Ti Jean et de Mon ami n’aime pas la pluie, arrive sur une place battue par la pluie d’un cyclone. Il rencontre Kal, une femme muette et mystérieuse. Il va la suivre, pensant trouver refuge.
Il se retrouvera au sommet d’un volcan enneigé.

Et notre pièce commence du haut de ce sommet. Où les échos d’un homme qui meurt de froid s’écrasent dans le cratère d’un volcan plein de lave, qui n’entre pas en éruption.

Et de chercher avec les acteurs nos codes et notre langage commun.

De chercher ce qui va nous permettre d’aller piocher rigoureusement et habilement dans nos mythologies intimes. De chercher la Réunion (Gran Mèr Kalle), le Japon (Yamamba) et ce que nous sommes nous, dans ce pays, dans notre monde.

Comment va-t-on gratter l’intime de ce spectacle?

En des mots moins pompeux, comment va-t-on vous toucher, vous spectateurs?

On commence et on a déjà hâte d’être au sommet.

La Compagnie Soleil Glacé obtient pour cette création de nombreux soutiens qui lui permette de développer fidèlement son geste artistique. Elle est en résidence au Théâtre de la Ferme Godier grâce à la Compagnie Issue de Secours et la DRAC Ile de France (dispositif d’aide à la résidence 2017). Elle est soutenue par le Conseil Départementale de Seine Saint Denis, le Théâtre de l’Union – CDN du Limousin et les Bambous, Scène Conventionnée. Elle créera et diffusera ce spectacle entre la Nouvelle Aquitaine, l’Île de France et l’Île de la Réunion. Et ailleurs, on espère.

RAM. Tu pourrais au moins me dire ton nom ?
Si tu veux je peux t’en donner un.
C’est difficile de parler avec quelqu’un quand on ne connaît pas son nom.
On se pose toujours la question après.
Suivre sans connaître.
J’ai beaucoup marché, seul, partout,
j’ai même marché sous la mer,
tout au fond,
pendant longtemps,
pour quitter mon île,
que du corail à manger,
que de la mer à boire,
pas beaucoup de lumière,
sais pas si c’était les rayons du soleil,
peut-être qu’il pleuvait même au dessus de l’eau, sais pas.
La nuit, on ne voyait rien.
Je dormais avec les pieuvres au fond de l’eau,
des tentacules qui enlaçaient mes jambes,
j’avançais sans savoir où avancer,
et un jour,
je suis arrivé devant une énorme patate de corail.
Là, j’ai entendu un cri.
Pas comme celui du paille-en-queue,
plus grave, plus aiguë,
un cri.
J’ai eu peur.
Je ne sais pas vraiment ce qui dort dans la mer.
Et là, une énorme baleine.
Énorme, lente, douce.
On ne les voit que de loin les baleines.
Je les ai toujours senties sous ma barque, quand je pêchais
mais je ne les avais jamais vu de près.
Celle-ci, elle avançait, lentement, paisiblement,
comme si elle m’attendait.
Je n’ai plus eu peur,
et je l’ai suivi,
pendant des jours,
et je suis arrivé sur cette plage,
la même, tu sais, où on s’est rencontrés.

Tu es comme cette baleine.
Non, attends,
rien à voir avec tes fesses !
Non.
Juste une baleine.
Ma baleine.
Tu es ma baleine.
Celle que je suis,
au milieu de la pluie,
sans savoir pourquoi.

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